CAFÉ PAULINE

Installation in situ à Luxembourg Art Week / Novembre 2023 

Avec le soutien de l’Institut Français du Luxembourg   

“Christophe Gallois : Dans votre projet vous parlez d’une « écriture de l’espace ». Que disent ces mots de votre pratique, de la manière dont vous avez abordé le lieu dans lequel sera présentée votre installation ?

Pauline-Rose Dumas : Cette idée d’une écriture de l’espace est notamment liée à mon travail de la forge, qui est lui-même lié à celui du textile. La forge, c’est un fil que l’on étire, que l’on déploie dans l’espace, comme une écriture ou un dessin. Le fait que je patine le métal en noir renforce cette impression : sa couleur évoque celle du crayon à papier. Dans l’installation que j’ai imaginée, c’est avec des sculptures en fer forgé et avec des pièces en textile que je viendrai « réécrire » l’espace du café, en réponse aux différents usages qui lui seront attribués. Mes œuvres habiteront l’espace comme des murs mobiles, suggérant l’idée d’un mouvement. (...)

CG : Votre travail s’articule autour de « passages » : entre différentes échelles, l’image et la trame, l’espace bi-dimensionnel et l’espace tri-dimensionnel, les matériaux – la forge, le tissu, le dessin… Un mot qui revient souvent, une technique particulière d’impression sur tissu, mais il est aussi utilisé pour désigner un changement d’état : le passage d’un état solide à un état gazeux. Quelque chose de l’ordre de l’instable, du seuil, de la transition…

PRD: Tous ces passages sont effectivement très importants pour moi. J’ai besoin de me laisser envahir par certaines images qui se cristallisent dans ma mémoire et me donnent l’urgence de réaliser une nouvelle pièce. Dans l’une des pièces en tissu du Café Pauline, apparaît une masse assez sombre. En y travaillant, l’autre jour, je pensais au dépôt du marc de café sur la faïence blanche des tasses. Il y a dans cette image du dépôt l’idée de quelque chose qui persiste, qui s’agglomère, et qui finit par créer un support pour notre imaginaire toujours en quête de reconnaître une forme, de voir émerger du sens. “

- Extrait de l’entretien avec Christophe Gallois - Commissaire et responsable des expositions au MUDAM -Luxembourg


Crédits Photos : Arthur Crestani